Nouvelle édition de UrbanVelo

Le dernier numéro de mon magazine en ligne préféré, UrbanVelo, vient tout juste de sortir. C’est en anglais, pour ceux qui sont à l’aise avec la langue de Jack Layton.

Depuis sa première parution, UrbanVelo touche une corde sensible. Avec une présentation simple – en noir et blanc – et une ligne éditoriale intéressante, le magazine basé à Pittsburgh donne des informations utiles et inutiles aux cyclistes urbains. La section où les lecteurs écrivent sur leur ville et leurs plaisirs cyclistes est toujours intéressante. Bien sûr le magazine fait ses frais avec de la publicité, ce qui pourrait en irriter certains. Par contre, il faut bien manger et UrbanVelo est réalisé par des bénévoles durant leurs temps libres. Leur amour pour les vélos simples et efficaces, notamment les monovitesses et les vélos usagés, est inspirant et constitue un changemenet bienvenu par rapport à d’autres publications qui ne s’intéressent qu’au carbone.

Jetez-y un oeil attentif, cela vous branchera sur la vibrante culture du vélo urbain de Pittsburgh (ville qui se compare facilement à Québec avec ses côtes omniprésentes).

Réclame ta rue!

L’édition de Réclame ta rue 2009 aura lieu le 7 septembre. Le rendez-vous est à l’Ilot Fleurie sous les échangeurs Dufferin. Ça promet d’être festif.

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Moi aussi j’ai pris le Bixi (ça doit faire de moi quelqu’un de cool)

Tout a déjà été dit sur le Bixi, les vélos libre-service de Montréal. Mais évidemment, ça ne veut pas dire que je ne peux pas tout redire dans des mots à peine différents.

Samedi dernier, à la faveur de mon presque-retard à une réunion à Montréal, j’ai décidé d’éviter le métro pour me lancer dans la trafic montréalais avec-pas-de-casque-sur-mon-Bixi. Expérience enrichissante. D’abord, j’ai dû me familiariser avec la bête en aluminium fabriquée par DeVinci. Diable, c’est lourd un Bixi! Grâce à ses gros pneus ballounes bien mous, ça ne roule pas tellement vite non plus. Là n’est pas le but, évidemment : il s’agit d’un vélo d’utilité, fait pour des courts déplacements (et par le fait même éviter le vol).

La position est on-ne-peut-plus droite ce qui rend la visibilité très bonne dans la circulation, mais qui ralentit encore davantage le tank. Le guidon ne tourne que de quelques degrés de chaque côté, ce qui pourrait surprendre un cycliste urbain expérimenté. J’ai trouvé que ça pouvait restreindre un peu trop la mobilité dans un bouchon bien dense. Autrement, la conduite est assez solide et très, très prévisible. Je ne ferais peut-être pas confiance au Bixi à haute vitesse, mais les probabilités qu’elles soient atteintes sont minimales.

Côté mécanique, c’est assez béton. La transmission à trois vitesses Shimano Nexus est solide, pas très rapide, mais définitivement pratique. En étant une transmission interne au moyeu arrière, aucun dérailleur ne peut être endommagé par un usager peu consciencieux. Les trois vitesses m’ont semblé suffisantes pour se promener en ville du moment que les jambes sont en forme. J’ai essayé de monter la pente entre Ste-Catherine et Sherbrooke sur Sanguinet. Rien de majeur comme côte, mais un cycliste pas trop expérimenté aurait trouvé le défi de taille.

Les freins suivent une logique semblable à la transmission interne : les tambours sont fonctionnels et non apparents. J’ai redescendu la même côté, sous la pluie de surcroît. Les freins m’ont semblé bien efficaces et inspirent confiance.

Reste le coût. Pour un court trajet, il m’a fallu débourser 5$. En fait, les 5$ couvrent la journée complète et les trajets de moins d’une demi-heure sont gratuits. Est-ce cher? Oui et non. Pour avoir un vélo entretenu sous la main qu’on peut laisser où on veut, c’est abordable. Si on pense l’utiliser plus souvent, un abonnement peut-être acheté.

Par contre, je ne peux m’empêcher de penser à l’agrément qu’un vélo usagé de 100$ peut procurer par rapport à un tank Bixi. Un vieux « 10 vitesses » avec des bon pneus, un dérailleur ajusté et des freins retapé ne risque pas trop d’attirer la convoitise des voleurs et se déplace avec beaucoup plus d’aisance. Certes, le Bixi est un accessoire de mode (sinon, Curieux Bégin ne l’utiliserait peut-être pas), le vieux 10 vitesses l’est un peu moins.

Ce que j’accorde au Bixi sans hésitation, c’est l’engouement très positif qu’il crée pour le cyclisme urbain. Il remet le vélo de ville à la Une et amène une nouvelle tranche de la population à rouler. Ça peut juste être bon.

En définitive, j’ai trouvé mon tour de Bixi plus drôle qu’inspirant. Rouler en tank à deux roues pas-de-casse dans le trafic était sympathique et quand même beaucoup plus efficace que la marche ou même le métro. Je compte m’en servir encore à l’avenir lors de mes visites dans la Métropole ™. Je compte d’ailleurs le comparer avec le Vélib de Paris dès cet automne. À suivre.

Premier anniversaire

Ce n’est pas officiel, c’est seulement un décret de ma part. Je déclare que ça fait un an que la bande cyclable mal foutue dans la Pente douce de Québec est, disons, terminée. Après avoir passé plusieurs mois à travers les trous, les cônes et deux poteaux en plein centre de la piste, celle-ci est devenue généralement accessible à presque pareille date l’an passé.

Toutefois, je me pose des questions. D’abord, qui a pensé faire passer la piste à travers un terre-plein lorsqu’elle arrive de la rue Franklin. Pourquoi diable les cônes de circulation sont encore dans la piste du côté qui monte. Qui saupoudre de vitre cassée la piste pour qu’elle n’en manque jamais? Et surtout, qui est le gnochon qui a inventé (et appliqué tout croche) la peinture bleue qui ne tient pas, qui n’est pas très visible sur chaussée mouillée, qui arrête et recommence plus loin et qui déteint sur les pneus les jours de pluie?

Bref, si c’est ça le résultat de la politique vélo de la Magnifique Ville de Québec™, on est pas sorti de l’auberge.

Donc, bonne fête, piste mal foutue.

Ça roule à Ottawa

La ville de Québec, par la bouche de son coloré maire, a annoncé à plusieurs reprises qu’elle veut se donner des infrastructures cyclistes plus élaborées. On a parlé, sans actions subséquentes apparentes, d’un lien cyclable utilitaire entre l’Université Laval et le centre-ville, de remonte-pentes et tutti quanti. Des consultations populaires ont aussi été tenues dans les arrondissements de la ville afin de connaître les opinions des cyclistes.

La Vieille Capitale pourrait peut-être s’inspirer de la vraie capitale et de ses infrastructures vélo. Le programme SageVirage de la ville d’Ottawa tente d’améliorer la qualité de vie en faisant la promotion des déplacements autres qu’en voiture. Le cyclisme urbain est évidemment au menu. Fait intéressant, on fait même la promotion du vélo quatre-saisons!

IMG_1867De l’expérience récente d’un membre de Vélocentrix, la ville d’Ottawa offre d’ailleurs un stationnement sécurisé de vélo jumelé à un kiosque d’information touristique au Marché By, en plein centre-ville. Ce genre de stationnement sécurisé et subventionné pourrait être une excellente idée pour Québec, notamment sur la Colline parlementaire où une manne de travailleurs se déverse chaque matin et durant les festivals.

Par ailleurs, les initiatives cyclistes d’Ottawa reçoivent aussi le coup de pouce du gouvernement ontarien qui exempte de taxe de vente (l’équivalent de la TVQ) les vélos de moins de 1000 $. En gros, acheter un vélo en Ontario coûte 7,5 % de moins qu’au Québec grâce à un programme gouvernemental. Comme quoi certains gouvernements ne se préoccupent pas seulement de construire de nouvelles autoroutes.

La prochaine mode?

La planète vélo se porte bien. Depuis la hausse du prix de l’essence, les exploits médiatisés de certains coureurs cyclistes et la démocratisation de vélos de très bonne qualité, les gens retournent vers le vélo. Indéniablement, un effet de mode, alimenté par une conscience environnementale elle aussi à la mode, amplifie le phénomène du vélo, particulièrement du vélo urbain.

Or, puisqu’il s’agit d’une mode pour certains, jouons le jeu. Au début des années 90, les vélos « de montagne » étaient la norme sur les routes et les pistes cyclables. Lourds, mais costauds, ils avaient l’avantage d’avoir des cadres robustes. Toutefois, une surenchère des larges pneus à crampons faisait de ces monstres de chromoly de vrais tanks : il valait mieux avoir de bonnes jambes pour rouler longtemps.

Tranquillement, les hybrides de toutes les dénominations ont pris une part importante de la flotte cycliste urbaine. D’un côté, les hybrides « performance » se rapprochent des vélos de route, guidon courbé en moins. De l’autre, les hybrides « confort » font la joie des personnes moins à l’aise en vélo et font du même coup rager les puristes qui s’exclament de dégoût devant les potences ajustables et les fourches à suspension.

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La rage des dernières années, pas mal moins présente à Québec, mais poussée à l’extrême dans certaines villes américaines, les vélos à pignon fixe ont été le fer de lance du cool depuis quelques années. L’idée est séduisante : une seule vitesse, pas de dérailleur à entretenir (et parfois pas de freins non plus, pour les plus téméraires ou les plus cool). Beaucoup ont adopté, certains en ont fait une religion, d’autres font une carrière à les détester.

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Quelle sera la prochaine tendance à pogner dans les rues et à faire saliver les marchands? Les vélos hollandais, pratiques, mais encombrants? Les vélos français, avec leur panier de provision et leur look rétro?  À moins que ce soit les scorchers qui reviennent?

Il semble que les vélos cargos (parfois appelé triporteurs par nos cousins français) soient aussi de plus en plus populaires. Du côté américain, la compagnie Xtracycle propose depuis quelques années des rallonges pour vélos de montagne, histoire de se faire un vélocargo. La compagnie Surly s’est lancé dans la mêlée avec le Big Dummy, très coûteux (un peu plus de 2000$ au pays de Stephen Harper), donnant la réplique à d’autres compagnies moins connues.

Les Européens et les Asiatiques grote-klassieke-bakfiets-420connaissent les vélos cargos depuis un bon moment, notamment du côté néerlandais. La Hollande semble de ce fait être la grande inspiration du moment pour le retour des vélos cargos. Le site américain Fixed Gear Gallery a d’ailleurs lancé un concours pour les gosseux qui veulent créer leur propre bête de somme. La plupart des vainqueurs ont présenté des vélos qui ne gêneraient pas du tout leurs confrères européens. La palme de la meilleure création aurait dû revenir à David Mahan, mais les juges en ont décidé autrement.

tricixPour un infime fraction de ces vélos neufs, Vélocentrix construit depuis ses débuts des vélos cargos de toute sortes (et qui contiennent particulièrement). Vous pouvez en voir de nombreux exemplaires sur le site de Vélocentrix.

Évidemment, pour le peu de mal que les gens voudront bien se donner, tous trouveront toujours chaussure à leur pied (ou vélo à leurs fesses). Finalement, ce sont peut-être les tricycles qui reviendront.

Tranche de vie cyclotouriste

Je n’ai pas une grande expérience en cyclotourisme. Quelques tours courts ici et là, jamais de grande aventure. Je bave d’envie devant les circuits offerts (ou du moins vendus) par Tour d’Afrique, notamment l’Orient Express de Paris à Istanbul. Je me suis d’ailleurs offert (ou du moins payé) le luxe de me construire un vélo de cyclotourisme l’hiver dernier. L’idée était simple : du chromoly, du confort, de la solidité, des pièces qui ont fait leur preuve. Rien de rapide, rien de trop technologique, rien de fancy.

À ma première expérience de cyclotourisme de l’année, j’ai un peu trop fait confiance au vélo en chargeant. En fait, je me suis dit que j’allais le tester. En gros, j’ai chargé n’importe comme, sans faire trop attention ni au poids, ni à sa répartition. Je me suis retrouvé avec un vélo qui avait 50 lbs de bagage, trop répartis vers l’avant. Résultat, des tremblements intenses presque incontrôlables dans la fourche et la direction, et ce, même avec un vélo conçu pour ce genre d’abus.

Trop de poids!

Trop de poids!

Donc, après avoir questionné mon vélociste/gourou du vélo préféré, le poids était bel et bien le problème. Je n’ai pas respecté la répartition 60/40, c’est-à-dire 60 % à l’arrière, 40 % à l’avant. Pratiquement, cela veut dire que le sac de couchage et le matelas de sol (si c’est possible) peuvent aller en avant, le cadenas en U et la tente en arrière. Un peu de vêtement facilement accessibles en avant, les outils en arrière. C’est simple comme l’œuf de Colomb, mais encore faut-il le faire.

Ne riez pas, ne pointez pas, j’ai été suffisamment puni, je m’en suis sorti avec une entorse lombaire. Ce qu’il faut pas pour apprendre.