Archives de Catégorie: planète vélo

On parle de fringues

Bon, là ça devient sérieux. On va parler d’habillement. Le plus drôle, c’est que le look n’aura rien à voir avec les lignes qui suivent. Ou si peu. Comme promis la dernière fois, voici quelques trucs pour agrémenter vos sorties de vélo d’hiver. Comme d’habitude, ce sont mes trucs, pas une recette universelle.

Surtout qu’en vélo d’hiver, une personne va réagir bien différemment d’une autre : je me contente souvent de très peu de vêtements, je me réchauffe vite. Ça ne sera pas vrai d’un frileux qui aura besoin d’une tite-laine de plus. De plus en plus de compagnies vendent des vêtements pensé pour le vélo d’hiver. Parfois c’est bien, la plupart du temps, des vêtements génériques sont tout aussi intéressants et moins coûteux. En plus, des vêtements trop spécifiques ne servent pas lors d’autres activités. Mes fringues de vélo sont aussi ceux de raquette, de marche, de glissade, etc.

1. Pas trop, c’est juste assez

L’idée n’est pas de s’habiller comme un ours, forcer comme un bœuf et suer comme un porc. À mon goût, on part assez peu vêtu, mais bien couvert. Si on a juste un peu froid avant de pédaler, c’est bon signe. Attention, je dis bien un peu froid, pas des frissons convulsifs.

Personnellement, je porte presque tout l’hiver un « soft shell » ou coquille souple sur un mince chandail de laine. Quand ça descend sous -10, j’ajoute un autre mince chandail. Les jambes sont protégées par une mince paire de combinaisons, au besoin, et un pantalon en coquille souple. Un pantalon de nylon mince qui coupe le vent fait aussi très bien l’affaire.

Certains ne jurent que par la laine, même pour les couches extérieures. Je trouve la laine extraordinaire pour les sous-couches, mais trop poreuse pour l’extérieur (et pas assez coupe-vent).

Quand il fait un froid à geler un politicien en campagne, je sors un vrai manteau d’hiver isolé. Pas avant qu’il fasse -25, par contre, ça serait trop chaud à mon goût.

2. Les extrémités

Les pieds sont heureux dans des bons bas en laine entourés d’une bonne paire de bottes bien chaudes. Oubliez les pédales automatiques, des grosses bottes de raquette, de motoneige ou autre sont de très bonnes amies. Pensez aussi que la gadoue salée va attaquer vos bottes… le cuir de fantaisie est sûrement à oublier.

Les mains sont tellement plus au chaud dans des mitaines, des grosses mitaines. Je porte aussi des petits gants dans les mitaines, ce qui m’évite de décliner l’ensemble des Saints de l’Église lorsque je dois utiliser mon cadenas ou enlever mes lumières. Ça pourrait vous éviter de laisser de la peau sur du métal gelé, ce qui est quand même assez intéressant.

3. La caboche

Je ne saurais insister assez sur le port du casque en hiver. Évidemment, même chez Vélocentrix, nous n’avons pas tous la même opinion sur la question, certains diront que ce n’est pas essentiel. Je sais que mon crâne n’est pas indestructible, j’ai déjà essayé. Une petite couche de plastique n’est pas trop mal pour l’aider un peu.

En dessous du casque, je porte toujours une mince tuque ou une mince cagoule. Une tuque trop chaude est sûrement l’élément qui peut gâcher le plus rapidement une sortie, à part peut-être l’absence de tuque. Regardez du côté des vêtements de ski de fond si vous voulez quelque chose de spécialisé. Vous complétez avec un cache cou ou un foulard et le tour est joué. Les yeux sont plus heureux lorsque protégés durant les grands froids.

Sous la barre des moins 25, je porte des lunettes de ski alpin très, très, très usagées. Rien de très beau, évidemment.

En bref

Pour les gens pressés, c’est simple. Pas trop habillé. Pas trop compliqué. Quand il faut juste frais, des jeans et un manteau font l’affaire. Quand ça devient slusheux, on prévoit des vêtements plus hydrorésistants.

C’est pas très compliqué, l’idée c’est d’avoir du plaisir, de rouler et de garder la forme. Au moins au printemps, on dépasse tout le monde avec le mollet en pleine forme.

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Le blogueur est reviendu

IMG_3300Une longue absence de ma part. Je m’en excuserais bien, mais non, c’était de très belles vacances. J’ai failli à ma promesse par contre : lors de mon passage à Paris, je n’ai pas essayé le Vélib. D’abord, il faisait froid. En fait, je n’étais pas du tout habillé pour ça (en fait, il me manquait cruellement de gants) et la température parisienne faisait des siennes bien désagréables.

Par contre, les Parisiens toujours chics et cool se promenaient sur leurs magnifiques vélos de ville, l’écharpe au vent et le bonheur au visage. Même au fameux rond-point de l’Arc de Triomphe, les cyclistes se moquaient de la circulation automobile avec le consentement des conducteurs. J’étais très loin de Québec et très proche de l’état de grâce.

Petit lien internet rigolo pour vous, cette fois-ci sur le Bike Blog du quotidien britannique The Guardian. Ils ont demandé aux lecteurs de leur envoyer leurs photos des pires pistes cyclables (ou du moins des plus absurdes). Il y a plein de beaux exemples qui battent même la piste bleue de la Pente-douce coupée par un terre-plein.

À bientôt.

En vrac et en vacances

Hier, la journée En ville sans ma voiture était « célébrée » à Québec. Comme je travaille en ville, dans le Vieux Québec, j’ai pu constater que ça a été un échec monumental. La rue bordant mon bureau était supposée être fermée aux automobiles entre 10h00 et 15h00. Il n’en était rien, la circulation était normale. Québec a encore beaucoup de chemin à faire avant de ressembler à Copenhague.

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La température était clémente ce matin en cette fin de septembre. Des bermudas et un t-shirt faisait amplement l’affaire pour se rendre au boulot. Les feuilles commencent à remplir les rues et les chemins des Plaines. Ça sent la bonne terre mouillée, l’humus et la ville. Je plains ceux qui manque tout ça enfermés dans leur char à écouter des mauvaises émissions de radio-frustrée.

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Le blogue de Bicycles Falardeau détaille cette semaine les différents vêtements que vous pouvez porter pour pédaler cet automne en tout confort. À mon sens, ce billet touche à une vérité : ne pas acheter des vêtements de vélo de mauvaise qualité vous permet d’économiser à long terme. En plus d’être plus confortables, les vêtements un peu plus chers durent tellement plus longtemps.

 Par contre, j’ajoute mon grain de sel. D’abord, les matériaux utilisés. Comme de nombreux cyclistes new-old-school, j’adore la laine. Les vêtements de laine très minces peuvent être portés l’été pour un grand confort : ils sèchent vite, ne sentent pas et son très durables. Sous une coquille « softshell », je passe tout l’hiver en vélo avec une mince couche de laine, même dans les froids les plus mordants.

De plus, je tiens à ajouter que mes vêtements de vélo préférés ne sont pas des vêtements de vélo. Ce sont simplement des vêtements disons « de sport ». Un chandail et un short que vous pourriez porter pour faire de la marche en forêt, pour jouer au soccer, etc. Le lycra, très peu pour moi, particulièrement pour les déplacements urbains qui sont généralement très courts. La seule chose à regarder pour les chandails et les manteaux est la longueur arrière, pour éviter que le bas du dos soit découvert lorsque l’on se penche sur le guidon.

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Je pars en vacances, dans des contrées lointaines où l’accès à l’Internet est tout sauf garanti. De toute façon, ce sont des vacances, je ne bloguerais pas même avec un portable sur les genoux. Si tout va bien, de retour à la fin octobre; sinon, on verra.

Le bonheur du postérieur

Il semble que la mode rétro soit encore une fois cette année bien présente sur la planète vélo. Les compagnies qui péchaient (et pèchent encore) par un excès de graphisme criard offrent des modèles aux couleurs plus sobres et à l’esthétique plus classique. Et rien ne fait plus classique qu’une belle selle en cuir.

L’esthétisme est toutefois très loin d’être la principale raison pour l’achat d’une selle en cuir. Le retour en grâce des selles en cuir est une bénédiction pour les postérieurs meurtris par des années de vélo sur des bancs douloureux. En effet, malgré quelques centaines de kilomètres au cours desquels le cycliste doit endurer un cuir encore très dur, ces selles prennent peu à peu la forme de l’arrière-train, faisant tranquillement disparaître les points de pression inconfortables. Le résultat est presque magique : un confort de longue durée pour des sorties qui n’en finissent plus.

Mais ce confort a plusieurs point négatifs qu’il ne faut pas négliger. D’abord, mettre la selle à sa main, ou plutôt à ses fesses, peut être long. Il faut compter environ 500 km avant que la forme soit adaptée à son anatomie. Pendant cette période, le cuir est dur quoique tout de même confortable. Ensuite, le cuir doit être entretenu, contrairement au vinyle qui recouvre généralement les selles de vélo contemporaines. Ainsi, un produit spécialement conçu doit être appliqué avant la première utilisation et quelque fois par année ensuite. De plus, le cuir est sensible à la pluie : une selle en cuir devra être protégée pour ne pas qu’elle soit trempée, question de ne pas détruire le cuir. Finalement, elles sont chères. Il faut compter au moins une centaine de dollars pour les modèles de base, ce qui n’est pas à la portée de tous les portefeuilles.

Il demeure que, bien entretenues, les selles de cuir peuvent durer toute votre vie. Certains cyclistes roulent avec leur vieille selle depuis les années 30 avec beaucoup de bonheur postérieur. Leur confort est personnalisé et le cuir vieillit avec vous, lui conférant du caractère.

Personnellement, deux de mes vélos sont équipés de sièges en cuir. C’est définitivement pas végé, mais diablement confortable.

Nouvelle édition de UrbanVelo

Le dernier numéro de mon magazine en ligne préféré, UrbanVelo, vient tout juste de sortir. C’est en anglais, pour ceux qui sont à l’aise avec la langue de Jack Layton.

Depuis sa première parution, UrbanVelo touche une corde sensible. Avec une présentation simple – en noir et blanc – et une ligne éditoriale intéressante, le magazine basé à Pittsburgh donne des informations utiles et inutiles aux cyclistes urbains. La section où les lecteurs écrivent sur leur ville et leurs plaisirs cyclistes est toujours intéressante. Bien sûr le magazine fait ses frais avec de la publicité, ce qui pourrait en irriter certains. Par contre, il faut bien manger et UrbanVelo est réalisé par des bénévoles durant leurs temps libres. Leur amour pour les vélos simples et efficaces, notamment les monovitesses et les vélos usagés, est inspirant et constitue un changemenet bienvenu par rapport à d’autres publications qui ne s’intéressent qu’au carbone.

Jetez-y un oeil attentif, cela vous branchera sur la vibrante culture du vélo urbain de Pittsburgh (ville qui se compare facilement à Québec avec ses côtes omniprésentes).

Moi aussi j’ai pris le Bixi (ça doit faire de moi quelqu’un de cool)

Tout a déjà été dit sur le Bixi, les vélos libre-service de Montréal. Mais évidemment, ça ne veut pas dire que je ne peux pas tout redire dans des mots à peine différents.

Samedi dernier, à la faveur de mon presque-retard à une réunion à Montréal, j’ai décidé d’éviter le métro pour me lancer dans la trafic montréalais avec-pas-de-casque-sur-mon-Bixi. Expérience enrichissante. D’abord, j’ai dû me familiariser avec la bête en aluminium fabriquée par DeVinci. Diable, c’est lourd un Bixi! Grâce à ses gros pneus ballounes bien mous, ça ne roule pas tellement vite non plus. Là n’est pas le but, évidemment : il s’agit d’un vélo d’utilité, fait pour des courts déplacements (et par le fait même éviter le vol).

La position est on-ne-peut-plus droite ce qui rend la visibilité très bonne dans la circulation, mais qui ralentit encore davantage le tank. Le guidon ne tourne que de quelques degrés de chaque côté, ce qui pourrait surprendre un cycliste urbain expérimenté. J’ai trouvé que ça pouvait restreindre un peu trop la mobilité dans un bouchon bien dense. Autrement, la conduite est assez solide et très, très prévisible. Je ne ferais peut-être pas confiance au Bixi à haute vitesse, mais les probabilités qu’elles soient atteintes sont minimales.

Côté mécanique, c’est assez béton. La transmission à trois vitesses Shimano Nexus est solide, pas très rapide, mais définitivement pratique. En étant une transmission interne au moyeu arrière, aucun dérailleur ne peut être endommagé par un usager peu consciencieux. Les trois vitesses m’ont semblé suffisantes pour se promener en ville du moment que les jambes sont en forme. J’ai essayé de monter la pente entre Ste-Catherine et Sherbrooke sur Sanguinet. Rien de majeur comme côte, mais un cycliste pas trop expérimenté aurait trouvé le défi de taille.

Les freins suivent une logique semblable à la transmission interne : les tambours sont fonctionnels et non apparents. J’ai redescendu la même côté, sous la pluie de surcroît. Les freins m’ont semblé bien efficaces et inspirent confiance.

Reste le coût. Pour un court trajet, il m’a fallu débourser 5$. En fait, les 5$ couvrent la journée complète et les trajets de moins d’une demi-heure sont gratuits. Est-ce cher? Oui et non. Pour avoir un vélo entretenu sous la main qu’on peut laisser où on veut, c’est abordable. Si on pense l’utiliser plus souvent, un abonnement peut-être acheté.

Par contre, je ne peux m’empêcher de penser à l’agrément qu’un vélo usagé de 100$ peut procurer par rapport à un tank Bixi. Un vieux « 10 vitesses » avec des bon pneus, un dérailleur ajusté et des freins retapé ne risque pas trop d’attirer la convoitise des voleurs et se déplace avec beaucoup plus d’aisance. Certes, le Bixi est un accessoire de mode (sinon, Curieux Bégin ne l’utiliserait peut-être pas), le vieux 10 vitesses l’est un peu moins.

Ce que j’accorde au Bixi sans hésitation, c’est l’engouement très positif qu’il crée pour le cyclisme urbain. Il remet le vélo de ville à la Une et amène une nouvelle tranche de la population à rouler. Ça peut juste être bon.

En définitive, j’ai trouvé mon tour de Bixi plus drôle qu’inspirant. Rouler en tank à deux roues pas-de-casse dans le trafic était sympathique et quand même beaucoup plus efficace que la marche ou même le métro. Je compte m’en servir encore à l’avenir lors de mes visites dans la Métropole ™. Je compte d’ailleurs le comparer avec le Vélib de Paris dès cet automne. À suivre.

Premier anniversaire

Ce n’est pas officiel, c’est seulement un décret de ma part. Je déclare que ça fait un an que la bande cyclable mal foutue dans la Pente douce de Québec est, disons, terminée. Après avoir passé plusieurs mois à travers les trous, les cônes et deux poteaux en plein centre de la piste, celle-ci est devenue généralement accessible à presque pareille date l’an passé.

Toutefois, je me pose des questions. D’abord, qui a pensé faire passer la piste à travers un terre-plein lorsqu’elle arrive de la rue Franklin. Pourquoi diable les cônes de circulation sont encore dans la piste du côté qui monte. Qui saupoudre de vitre cassée la piste pour qu’elle n’en manque jamais? Et surtout, qui est le gnochon qui a inventé (et appliqué tout croche) la peinture bleue qui ne tient pas, qui n’est pas très visible sur chaussée mouillée, qui arrête et recommence plus loin et qui déteint sur les pneus les jours de pluie?

Bref, si c’est ça le résultat de la politique vélo de la Magnifique Ville de Québec™, on est pas sorti de l’auberge.

Donc, bonne fête, piste mal foutue.