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L’hiver arrive. On continue à pédaler

Avertissement : le vélo d’hiver est une activité qui peut être dangereuse. Vous êtes responsables de votre propre sécurité.

L’automne a bien beau être particulièrement magnifique, mais Sœur Neige devrait se pointer le bout du nez en moins de temps qu’il n’en faut pour épeler engelure. Les écoles de pensée en matière de vélo d’hiver sont nombreuses comme les flocons dans un banc de neige. Pour certains, il suffit de savoir se moucher à l’indienne. Pour d’autre, le vélo en hiver se fait à l’intérieur en se faisant hurler après par un instructeur en lycra.

Comme vous ne voulez pas, comme moi, vous passer de vélo en hiver, voici quelques trucs rassemblés au cours des dernières années. Donc, en vrac et dans un ordre pas tellement important :

1. Le vélo

Commençons pas le plus gros morceau, votre monture. L’hiver est rude sur votre corps, mais il l’est sûrement encore plus sur la mécanique. Le sel gruge fort, c’est d’ailleurs généralement ce qu’on attend de lui. Le problème c’est qu’il n’est pas très intelligent et s’attaque à d’autres choses que la glace. Idéalement, votre vélo d’été restera bien au chaud et vous aurez une picouille d’hiver prête à se faire rudoyer.

Un cadre en aluminium résistera mieux à la corrosion qu’un cadre en acier. Par contre, je préfère l’acier, notamment pour son confort et sa disponibilité. Je roule en toute simplicité durant les mois froids et slusheux. J’ai récupéré un vieux vélo de montagne en acier, donné une bonne couche de peinture et posé une roue à rétropédalage (qui freine comme le bmx de votre enfance en reculant les pédales). Cela donne un monovitesse fort agréable. Comme les pièces mobiles sont réduites à leur minimum, il y a pas grand-chose qui peut briser ou arrêter de fonctionner au gel : pas de frein, pas de dérailleur, juste du plaisir.

Une roue à rétropédalage prémontée coûte 50$ et environ 100$ lorsque montée à la main. La deuxième option est plus solide. Un vieux cadre est généralement gratuit, ou au maximum 20$. Les vieux cadres ont l’avantage d’avoir des pattes arrières horizontales qui permettent la conversion en monovitesse. Un canne de peinture, autour de 7$.

Conseil : laissez votre vélo au froid à l’abri des intempéries, si possible. Le sel est moins actif au froid qu’à la chaleur. En plus, ça vous évitera de salir la moquette.

 

2. Les pneus

Plusieurs écoles s’affrontent ici. À mon sens, des pneus relativement minces (700×28 à 700×35 ou 26×1.5 à 26×1.9) avec une semelle agressive sont très gagnants. Ils fendent la neige et mordent assez bien. Pour le mieux nantis ou les plus nerveux, d’excellents pneus cloutés sont vendus. Ils sont très efficaces sur la glace et la neige, mais sont dispendieux (entre 50$ et 125$ pièce). C’est pas donné, mais ils l’avantage de durer très longtemps.

Gardez en tête que peu importe le nombre de clous, les pneus cloutés ne sont vous rendent pas invincibles. Il m’a suffi d’un mince verglas pour me retrouver les quatre fers en l’air il y a quelques hivers. Prudence.

3. Plus de lubrification, plus de plaisir

La chaîne rouille vite en hiver. Elle devra être souvent lubrifiée avec une huile assez lourde (pour les terrains mouillés idéalement). Une huile légère devra être appliquée sur les bouts des rayons afin de faciliter de le dévoilage des roues au besoin.

À ce sujet, il est primordial de laver le vélo une fois les beaux jours du printemps revenus. Ça évitera aux pièces sales de rouiller et de se souder entre-elles. Un petit graissage des roulements est une bonne idée.

4. L’éclairage

En matière de sécurité, l’éclairage « pour être vu » est essentiel en hiver. Les journées sont courtes, la noirceur tombe sans crier gare et les automobilistes ne s’attendent pas à voir des cyclistes sur la chaussée. Un ensemble de lumières se vend pour environ 25$ et est utile toute l’année.

N’oubliez pas des piles de rechange puisque la durée de vie des piles diminue avec le froid. Une lampe frontale sur le casque en mode clignotant est très utile et pourra agrémenter votre prochaine sortie de camping.

Les lumières clignotantes sont à mon avis plus efficaces pour être vu que celle en mode continu. Elles attirent simplement davantage le regard des automobilistes distraits (et des piétons, par le fait même). Une lumière avant de ½ watt éclaire les panneaux de signalisation quatre rues plus loin, c’est très bien. C’est encore mieux d’en avoir deux à mon avis, en tout cas, c’est mieux que d’avoir un modèle plus puissant et plus dispendieux.

5. Prudence et pratique

Roulez lentement et ne prenez rien pour acquis. Rouler en hiver est plus dangereux qu’en été; il vaut mieux arriver un peu plus tard que de ne jamais arriver. C’est très agréable de rouler au froid, profitez-en!

Pratiquez-vous : sortez en dehors des heures de pointe et habituez vous à la conduite hivernale. En cas d’urgence vous serez plus alertes avec plus de pratique dans les pattes. Aussi, oubliez les pédales à clips : des grosses bottes sur des grosses pédales plate-forme sont un must.

6. Garde-boues

À moins que vous soyez particulièrement fétichistes de la boue dans le dos, cela va de soi de vous protéger contre les éclaboussures. Il reste que l’hiver, c’est salissant, portez des vêtements ou des survêtements que vous enlèverez à destination, particulièrement pour aller au bureau. Mes garde-boues sont faits à la main à l’aide de « crazy-carpet » et d’attache plastique. Non seulement le plastique du traineau est fait pour supporter le froid, mais en plus, ils sont tellement laids que ma bécane décourage les voleurs.

7. Cadenas

Un cadenas peut geler facilement en hiver. Un cadenas en U gelé pour vous forcer à prendre l’autobus pendant quelques jours en attendant qu’un redoux vous permette de débarrer votre vélo. Pour cette raison, j’utilise un cadenas moins gros que je pourrais couper en cas de besoin. De toute façon, les voleurs de vélo ne sont pas intéressés par ma picouille et ne semblent pas particulièrement intéressés à « travailler » en plein hiver.

Un ancien collègue ne barrait même pas sa bécane au travail. Je ne conseillerais pas de suivre son exemple, mais ça donne une idée.

Il suffit de se rappeler d’éviter que l’humidité pénètre dans le mécanisme afin d’éviter qu’il gèle ou même « explose ».

8. Habillement

Je reviendrai bientôt sur cette question cruciale. En attendant, partagez vos trucs de vélo d’hiver!

Je rappelle aussi que Vélocentrix organise des ateliers de vélo d’hiver, surveillez notre site pour en connaître les dates.

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Trouvaille

Depuis un bout de temps, je me cherchais un vieux cadre de route en acier. J’ai écumé les petites annonces de façon bien irrégulière, à la recherche d’une perle pas si rare. Mais comme je suis assez sélectif, je ne trouvais pas. Je cherchais un cadre assez léger, donc d’une qualité relativement bonne, idéalement avec des raccords « lugs », donc aux soudures non apparentes. La taille était importante, la couleur ne l’était pas du tout puisqu’il sera repeint.

Une puissance inconnue a décidé hier que j’avais attendu assez longtemps. On a mis un vélo abandonné sur mon chemin habituel de retour à la maison. Je remercierais bien quelqu’un, mais je ne saurais qui.

L’heureux vélo qui sera ressuscité est dans un état un peu malheureux pour le moment. Les corbeaux lui ont enlevé les freins et la selle, les roues sont pour ainsi dire finies et la transmission a connu des jours meilleurs. Par contre, le cadre est dans une forme qui me semble toute raisonnable. Un vieux Peugeot d’une trentaine d’année aura donc la joie d’être dorloté tout l’hiver et ressortira au printemps sous la forme d’un vélo que j’espère rapide et assez dépouillé. La géométrie est classique, agréable. À première vue, il est presque pareil au vieux Nishiki que j’ai retapé pour en faire un vélo à pignon fixe. Comme c’est un de mes préférés, ça regarde très bien.

Je compte en faire mon vélo de sorties récréatives, pas une bête de somme. Pour l’instant, je n’ai que des idées relativement floues quant au choix des pièces. Il faudra d’abord que j’élucide  certaines questions de compatibilité avec mon vélociste préféré, notamment par rapport à la transmission. Pour être concis, je me demande quelle genre de moyeux et dérailleur arrière pourra remplacer l’actuelle transmission sur un axe de 126 mm (les moyeux modernes font 130 mm). En gros, je veux passez de 5 à 7 vitesses à l’arrière; je dois étudier les options les plus réalistes. Comme à l’habitude, le site du regretté Sheldon Brown sera d’un grand secours.

Ce sera un bon hiver. Avec un peu de chance et beaucoup de travail, il arrachera de la sphate dans une rue près de chez vous dès le printemps.

Bien oui, il pleut. Vos sacoches peuvent quand même en prendre

Donc, il pleut. Malgré ma méconnaissance de la science météorologique, je peux dire qu’il pleut, qu’il a plu et qu’il pleuvra. Comme nous sommes à Québec, ce n’est pas particulièrement une surprise pour personne. Ça ne devrait tout de même pas arrêter quiconque de rouler sur sa monture favorite.

Une fois muni de garde-boue complets et d’un habillement correspondant, il ne reste plus qu’à donner un peu d’amour à vos sacoches de vélo. Vous connaissez le problèmes : après un peu d’utilisation sérieuse, le déperlant des sacoches commence à être moins performant. À moins de vendre un rein, sortir de l’argent de votre compte en Suisse ou d’hériter de votre grand-tante qui vit en Californie, vous n’avez pas particulièrement le goût d’investir dans des sacoches 100% imperméables? Vous pouvez quand même vous en sortir.

D’abord, les sacoches non-imperméables faites de nylon sont relativement résistantes à l’eau. Autant qu’on range ses effets personnels dans un ou deux robustes sacs de plastique à l’intérieur des sacoches, on s’évite beaucoup de problèmes. Toutefois, il ne faut pas oublier de sortir les sacs de plastiques et l’ensemble du contenu pour faire sécher les sacoches lorsqu’elles sont mouillées. Sinon, de la moisissure (et une odeur correspondante) pourrait se former.

Pour redonner cette effet déperlant que vos sacoches ont peut-être perdu, un imperméabilisant au silicone vendu dans tous les magasins de plein-air et dans la section camping des grandes surfaces est parfait. En s’installant dehors, il suffit de mettre les sacoches à l’envers sur une chaudière, vaporiser selon les instructions et laisser sécher. D’expérience, une canette d’imperméabilisant fait environ deux sacoches arrière et deux sacoches avant. Coût de l’opération : autour de 10$.

Si vous avez le souci du détail, il existe aussi des imperméabilisants en bâton spécifiquement pour sceller les coutures. Toutefois, de l’avis de certains, prendre autant de temps pour essayer de sceller manuellement des sacoches non-imperméables est comme mettre du rouge à lèvre sur un pick-up. Ça pourrait être inutile.

Avec sa nouvelle couche de silicone, vos sacoches ne seront pas complètement imperméables, particulièrement lorsque l’orage de l’année vous trempera jusqu’aux os. Mais, elle seront plus résistantes à l’eau (elle aura tendance à perler), dureront plus longtemps et vos vêtement seront en meilleur état une fois arrivé au travail ou à l’école.