Tout ce que vous n’aviez peut-être pas pensé que vous vouliez savoir sur le trafic

Le journaliste américain Tom Vanderbilttraffic a publié en 2008 un excellent et plutôt volumineux bouquin sur la circulation urbaine, Traffic : Why we drive the way we do (and what it says about us). Sujet fort concret, mais assez peu documenté, du moins en dehors de la littérature très spécialisée, la circulation urbaine touche évidemment les automobilistes, mais aussi les cyclistes.

L’ouvrage, puisque américain, traite davantage d’autos que de vélos, mais comporte tout-de-même des données fort intéressantes qui peuvent changer notre perception du trafic.

D’abord, il est important de le spécifier, l’écrasante majorité des gens se disent non seulement bons conducteurs, mais meilleurs conducteurs que la moyenne. En plus d’être une magnifique aberration statistique, cette situation conduit les conducteurs à considérer non seulement les autres comme leurs inférieurs, mais à ne considérer que leur propre point de vue sur la route. Cela expliquerait le malaise fréquent des passagers face aux manoeuvres pour le moins périlleuses des conducteurs.

Fait intéressant, les études de psychologie démontrent que les automobilistes ne perçoivent que les voitures et non leurs occupants. Il y a donc une déshumanisation de la circulation : les autos sont des objets animés dans lesquels on ne perçoit pas les conducteurs et les occupants. Au contraire, les cyclistes sont perçus comme des humains : il semble que la présence de ces humains dans le trafic amène de nombreuses confusions. Les conducteurs auraient donc de la difficulté à concilier le fait que ceux-ci se promènent parmi les « machines ».

Être perçu comme un humain peut avoir certains désavantages. Les automobilistes auront tendance à entrer en contact visuel avec le cycliste, l’empêchant souvent de voir les signes de la main qu’il fait pour annoncer un virage.

Fait cocasse, il serait démontré que les automobilistes seraient plus prudents envers des cyclistes ne portant pas de casque et avec les femmes en vélo. L’auteur cite les expériences d’un sociologue britannique se promenant sans casque, mais avec une perruque de cheveux longs; les automobilistes lui laissaient un espace plus grand pour rouler.

Le livre, bien que parfois divertissant, est très bien documenté. Par contre, malgré la qualité de la recherche qui a été faite par l’auteur, je ne saurais vous le recommander comme lecture de chevet. Dans un monde idéal, la psychologie du conducteur serait enseignée en même temps que la conduite automobile, mais bon, on peut toujours rêver.

Vous pouvez suivre le blog de l’auteur (en anglais) en cliquant ici, un texte de l’auteur (en français) en cliquant ici et un article sur le transport en commun (en français) en cliquant ici.

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